« Je ne veux pas refaire une taille 36. Je veux cette meuf-là. J'ai envie de pleurer quand je le dis, mais c'est vrai. »
Elle a cherché une photo dans son téléphone. L'été dernier, en vacances, en rando. Elle me l'a montrée et elle m'a dit cette phrase-là.
Puis elle m'a raconté le reste. Son conjoint qui « veut l'aider » — il a rempli le frigo de plats de régime livrés en boîte. Son fils qui lui a demandé, avec l'innocence de son âge, si elle pouvait « rétrécir ». Les copines du village qui comparent. Tout le monde, autour d'elle, s'est mis d'accord sur une chose : elle devrait perdre du poids.
Et vous savez ce que ça a donné ? Elle me l'a dit en une phrase : « Je me cache pour manger. »
Plus on l'aide, plus elle se cache. Ce n'est pas un hasard, et ce n'est pas de l'ingratitude. C'est un mécanisme — et si vous vous reconnaissez, j'aimerais vous le montrer, parce qu'il explique probablement des années d'échecs qu'on vous a mis sur le dos.
Ce qu'on vous a dit
Autour de vous, tout le monde a sa formule, et elles se ressemblent toutes :
- « Fais-le pour ta santé. »
- « Fais-le pour tes enfants. »
- « Fais-le pour ton couple. »
- « Tu serais tellement mieux, tout le monde te le dit. »
Chacune de ces phrases part d'une bonne intention. Et chacune installe la même chose : un objectif qui appartient à quelqu'un d'autre que vous. Or un objectif de poids, ça a une adresse. Quelque part, il y a la personne pour qui vous le faites — et cette adresse décide de presque tout ce qui va suivre.
Quand la décision n'habite pas chez vous
Quand vous maigrissez pour votre conjoint, votre médecin ou le regard des gens, il se passe quelque chose de très concret : chaque repas devient un examen. Quelqu'un regarde votre assiette — vraiment, ou dans votre tête, ce qui revient au même. Vous ne mangez plus, vous êtes évaluée.
Et un corps humain ne supporte pas longtemps d'être surveillé. Il cherche une sortie. La voilà, la sortie : le placard, le soir, quand tout le monde dort. La voiture, entre deux rendez-vous. La nourriture en cachette n'est pas votre faiblesse — c'est le seul endroit de votre journée où il n'y a pas de jury. J'ai décrit ailleurs ce qui se joue quand on mange sans faim et même sans plaisir ; ici, la surveillance en est le carburant.
C'est pour ça que l'aide non demandée aggrave presque toujours les choses. Elle ajoute un surveillant de plus. Ma cliente ne mange pas en cachette malgré l'aide de son conjoint. Elle mange en cachette à cause de la surveillance que cette aide installe — et chaque bouchée cachée est un petit acte de liberté, immédiatement suivi de honte. Voilà le cycle.
La phrase la plus lucide que j'aie entendue depuis longtemps
Un jour, cette même cliente m'a dit : « Moi, je ne perds pas du poids pour quelqu'un. »
Sur le moment, ça peut sonner comme de l'entêtement. C'est exactement l'inverse : c'est la partie la plus saine d'elle qui parle. La partie qui refuse de maigrir sous surveillance ne la sabote pas — elle défend sa liberté. Elle attend une seule chose pour lâcher les armes : que la décision lui appartienne.
Et ce n'est pas une jolie idée de thérapeute. C'est mesuré. Des chercheurs ont suivi les participants d'un programme de perte de poids pendant près de deux ans après la fin du programme, en regardant une seule chose : d'où venait leur décision. Résultat : les personnes dont la motivation venait d'elles-mêmes ont perdu davantage — et surtout, elles avaient maintenu leur poids près de deux ans plus tard. Celles qui le faisaient sous pression, pour quelqu'un ou pour éviter un jugement, ont repris. Ce qui prédisait la suite, ce n'était ni la volonté, ni le programme. C'était l'adresse de la décision.
On tient dix jours pour les autres. On tient dix ans pour soi.
La façade et les pièces
Voici l'image que je donne en séance, et qui remet les choses à leur place.
Votre corps est une maison — la seule dont vous ne déménagerez jamais. Maigrir pour le regard des autres, c'est ravaler la façade : un chantier fait pour les passants, sous contrainte, qu'on n'a aucune envie de refaire chaque année. La façade repeinte, les passants passent à autre chose… et vous, vous vivez toujours dans les mêmes pièces.
Maintenant regardez ce que ma cliente a dit devant sa photo. « Je veux cette meuf-là. » Elle ne parlait pas de la façade. Elle ne parlait pas d'une taille 36 ni d'un chiffre pour rassurer qui que ce soit. Elle parlait de la femme qui riait sur la photo, qui marchait en rando sans guetter son souffle, qui se mettait sur les images au lieu de les prendre. Elle parlait des pièces où elle vit : son énergie, son souffle, sa place.
C'est toute la différence entre les deux motivations. La façade se repeint pour les autres, et s'écaille. Les pièces se réparent pour soi — et on les entretient toute sa vie, sans effort, parce qu'on y habite.
Deux précisions qui comptent. Votre conjoint ne fait pas ça contre vous : l'aide maladroite, c'est le plus souvent de l'amour mal outillé, et vous pouvez refuser l'aide en gardant la tendresse. Et si votre médecin vous parle de votre poids, il fait son travail — perdre du poids peut être un vrai enjeu de santé. Le sujet de cet article n'est pas de savoir s'il faut le faire, mais chez qui habite la décision. Même une perte de poids médicalement nécessaire ne tient que le jour où elle devient la vôtre.
Le vrai problème des approches classiques
Régimes, applications, défis à deux, « on s'y met ensemble en janvier » : presque tout ce qu'on vous a proposé repose sur un contrôle extérieur. Un cadre qui surveille, des comptes à rendre, un regard qui valide. C'est même vendu comme un avantage — « ça motive ».
Sauf que vous venez de voir le mécanisme : le contrôle extérieur fabrique de la conformité en public et de la rébellion en privé. C'est une guerre contre votre propre corps, avec un arbitre en plus. Tant que la décision reste dehors, chaque nouvelle méthode ne fait qu'ajouter un surveillant — et votre liberté trouvera toujours la sortie de secours.
Ce qui change avec l'hypnose
Si vous vous reconnaissez, un réflexe monte peut-être : « d'accord, mais moi, je ne sais même plus ce que je veux pour moi. » C'est normal — quand on porte les attentes de tout le monde depuis des années, son propre désir est enfoui dessous. Il n'a pas disparu. C'est exactement par là qu'on commence.
Concrètement, avec mes clients, on avance en 5 étapes :
- Retrouver votre « pour moi » — votre photo à vous, ce que vous voulez récupérer dans les pièces, pas sur la façade
- Remettre la décision chez vous — faire la paix avec la partie qui se rebelle contre la surveillance, au lieu d'essayer de la faire taire une énième fois
- Désamorcer le circuit de la cachette — pour que les émotions aient un autre endroit où aller que le placard
- Changer le côté assiette — une assiette gourmande qui rassasie vraiment, choisie parce qu'elle vous fait du bien à vous, sans rien à prouver à personne
- Ancrer le nouveau fonctionnement — pour que tenir ne demande ni surveillance, ni comptes à rendre, ni effort quotidien
C'est ce que fait la méthode Tête & Assiette, et c'est pour ça qu'elle commence par la tête : tant que la décision habite chez les autres, aucune assiette ne tiendra. Perdre 10 à 30 kilos durablement, sans sport ni régime, même si vous mangez vos émotions — et sans guerre contre vous-même.
Ils l'ont vécu
Ce moment où la décision revient enfin chez soi, une cliente l'a décrit dans un avis Google public :
« Une rencontres formidable Gregory est quelqu'un à l écoute et avec une grande humanité il trouve des solutions à vos problèmes, personnellement à un moment où cela n aller pas il m à permis de reprendre confiance en moi et de par la même prendre soin de moi arrêt des l alcool du tabac régime et tout c est déroulé avec. Une facilité à la quelle je ne m attendais pas. Ce qui fait Qu il m à convaincus des biens fait de l hypnose et j ai donc suivi ça formation à l auto hypnose qui vas j en suis sur m apporter beaucoup. Merci Gregory pour tout se que tu a fait pour moi. (Translated by Google) A wonderful encounter! Gregory is a great listener and incredibly compassionate. He finds solutions to your problems. Personally, at a time when things were really tough, he helped me regain my self-confidence and, in turn, take care of myself. I quit alcohol and tobacco, went on a diet, and everything unfolded so easily, something I hadn't expected. This convinced me of the benefits of hypnosis, and I then took his self-hypnosis training, which I'm sure will bring me a lot. Thank you, Gregory, for everything you've done for me. »
Arnaud Vaugein
Avis Google
Voir les 62 autres avis sur la perte de poids · Et si vous avez déjà perdu puis tout repris, j'ai raconté pourquoi dans « Vous reprenez 10 kilos à chaque contrariété ».
La seule question qui prédit la suite
Avant de recommencer quoi que ce soit « pour de bon », posez-vous la question que presque personne ne pose : cette fois, c'est pour qui ?
Si la réponse honnête est « pour qu'on me laisse tranquille », vous connaissez déjà la fin. Si la réponse ressemble à une photo — la vôtre —, alors tout devient possible. Durablement.
Envie de retrouver votre « pour moi » ?
30 minutes offertes pour poser votre situation à plat : ce qu'on attend de vous, ce que vous voulez vraiment récupérer, et ce qui peut changer sans surveillance ni comptes à rendre. Si ce n'est pas pour vous, vous repartez avec au moins une piste concrète.
Questions fréquentes
Mon conjoint me pousse à maigrir. C'est mal de sa part ?
Dans l'immense majorité des cas, non : c'est de l'amour mal outillé. Il voit que vous souffrez et il agit avec ce qu'il a. Le problème n'est pas son intention, c'est l'effet : l'aide non demandée installe une surveillance, et la surveillance nourrit exactement ce qu'elle voudrait faire disparaître. Vous avez le droit de lui rendre son aide en gardant sa tendresse.
Mon médecin me demande de perdre du poids. Je fais quoi de cet article ?
Vous l'écoutez : perdre du poids peut être un vrai enjeu de santé, et ce n'est pas cet article qui dira le contraire. Mais une prescription reste une adresse extérieure. Le travail, c'est de transformer « il faut que je maigrisse » en « je veux récupérer ça » — votre souffle, votre énergie, vos genoux. C'est le même objectif, mais habité par vous. Et c'est celui-là qui tient.
Comment savoir si je le fais pour moi ou pour les autres ?
Deux indices simples. D'abord : à qui pensez-vous en montant sur la balance ? Si un visage apparaît — le médecin, le conjoint, la collègue —, l'adresse est chez lui. Ensuite : si personne, absolument personne, ne devait jamais le savoir ni le voir, est-ce que vous le voudriez encore ? Ce qui reste quand le regard des autres s'éteint, c'est votre « pour moi ».
Et si je n'ai pas de « pour moi » ?
Vous en avez un. Il est enfoui sous des années d'attentes des autres, c'est différent. Chez ma cliente, c'était une photo de l'été dernier. Chez d'autres, c'est monter un escalier sans calculer, danser à un mariage, reprendre la rando. Le désir ne disparaît jamais — il attend que la surveillance se taise pour reparler. C'est précisément le premier travail qu'on fait ensemble.
Combien de temps dure la méthode Tête & Assiette ?
Le programme Tête & Assiette se déroule sur 5 séances réparties sur 3 à 5 mois. L'objectif n'est pas de tenir pendant l'accompagnement : c'est que ça tienne après, sans surveillance et sans comptes à rendre à personne.