Poids 22 Septembre 2026 5 min de lecture

Noté A, et vous avez faim à onze heures

Grégory Kimpe

Grégory Kimpe

Praticien en Hypnose & Coaching en Neurosciences

Une femme à son bureau en fin de matinée, la main sur le ventre, devant un bol de céréales vide : la faim de onze heures
« J'ai mangé équilibré, mais sucré. Je ne me rendais pas compte : pour moi, c'était équilibré, sucré, sain. »

Il est dix heures quarante-cinq.

Vous êtes au bureau, ou dans la voiture, ou debout dans la cuisine à ranger ce que les autres ont laissé. Et votre ventre crie. Pas une envie, une vraie faim, celle qui rend un peu pressé et un peu bête.

Vous avez pourtant bien mangé ce matin. Céréales, jus de fruits, un yaourt. Vous aviez même regardé la boîte : un A. Sur fond vert.

Alors la seule conclusion possible, c'est vous. La gourmandise. Le manque de volonté. Vous ne tenez pas trois heures comme tout le monde.

Non.

La lettre verte a changé d'avis

Le Nutri-Score existe depuis 2017. Son calcul a été revu au début de 2024, et cette révision est passée quasiment inaperçue.

Ce qu'elle a fait, elle, n'est pas discret du tout : les produits du petit-déjeuner ont dégringolé. Des céréales chocolatées classées A. Des références passées de B à C, de C à D, simplement parce qu'on a enfin décidé de pénaliser le sucre comme il le méritait.

Prenez une seconde pour comprendre ce que ça veut dire.

Ce ne sont pas les produits qui ont changé. C'est la règle. Pendant des années, la même boîte, avec le même contenu, portait une bonne note. Des millions de gens ont rempli leur caddie avec cette note. Des parents l'ont mise dans le bol de leurs enfants en pensant bien faire.

La lettre était fausse, et elle avait l'autorité d'un logo officiel.

Ce n'est pas un scandale, c'est une correction, et c'est plutôt sain qu'elle ait eu lieu. Mais si une note peut être fausse pendant six ans, alors elle n'est pas une vérité sur ce que fait un aliment dans votre corps. C'est un classement, avec une formule, qui change quand la formule change.

Ce qu'une note ne pourra jamais dire

Une lettre juge un produit tout seul, sur une étiquette, pour cent grammes.

Elle ne sait pas à quelle heure vous le mangez. Elle ne sait pas ce qu'il y a d'autre dans le bol. Elle ne sait surtout pas ce qu'il déclenche chez vous dans les deux heures qui suivent.

Or c'est exactement ça, votre problème de onze heures.

Certains repas font monter le sucre dans le sang très vite. Le corps répond en envoyant ce qu'il faut pour le faire redescendre, et il fait souvent un peu trop bien son travail. Une heure ou deux plus tard, vous vous retrouvez plus bas qu'avant d'avoir mangé, avec une faim pressée et une envie précise de quelque chose de rapide. Des chercheurs l'ont mesuré : quatre heures après un repas qui fait grimper le sucre vite, la glycémie est plus basse, la faim plus forte, et la zone du cerveau qui réclame une récompense s'allume davantage qu'après un repas équivalent en calories mais qui monte lentement.

Vous n'avez pas eu un manque de caractère à onze heures. Vous avez eu une descente.

Et le petit-déjeuner qui l'a provoquée portait une bonne note.

« Pas trop gras, pas trop salé, pas trop sucré »

Celle-là, vous l'avez entendue mille fois. Elle passe à la télévision depuis vingt ans, en bas de chaque publicité.

Amusez-vous à la prendre au mot. On vous enlève le gras, on vous enlève le sel, on vous enlève le sucre.

Il reste l'acide et l'amer.

Voilà le programme, dit sérieusement, par une bande jaune en bas de l'écran. Mangez acide et amer, et surtout tenez bon.

Puis, dans la même soirée, la même chaîne vous vend des produits notés A qui vous laisseront le ventre vide avant midi. Personne ne trouve ça contradictoire, parce que chaque morceau du message a l'air raisonnable pris tout seul.

Ce qui compte vraiment

Un aliment ne se juge pas sur une lettre, il se juge sur ce qu'il vous fait.

Est-ce qu'il vous tient ? Est-ce que vous y repensez une heure après ? Est-ce que vous ouvrez le placard en fin de journée sans avoir décidé d'y aller ?

Ce sont les seules questions qui ont un rapport avec votre poids. Aucune étiquette n'y répond, parce qu'aucune étiquette ne vous connaît.

Et si vous avez passé des années à faire les bons choix en vous fiant à des notes, il y a au moins une chose dont vous pouvez arrêter de vous sentir coupable ce matin. Vous avez suivi la consigne. C'est la consigne qui ne tenait pas.

Ils l'ont vécu

Cette cliente a décrit dans un avis Google public ce que ça change quand le corps arrête de réclamer :

« Je me suis senti directement à l'aise. Gregory sait écouter, sans jugement. Après un premier entretien, je sens un changement alors qu'on a juste parler....hâte de continuer. (Translated by Google) I felt at ease immediately. Gregory is a good listener, without judgment. After just our first meeting, I felt a change even though we only talked... I'm eager to continue. »

S

Sylvie Valentin

Avis Google

Voir les 62 autres avis sur la perte de poids · Et pour voir ce que ça peut donner concrètement, mon témoignage personnel : j'ai perdu 40 kg en trois ans.

Ce qu'on fait à la place

C'est pour ça que la méthode Tête & Assiette ne vous donne pas une liste de bons et de mauvais produits.

L'assiette, pour que votre corps arrête de réclamer deux heures après. La tête, pour que vous n'ayez plus à lutter contre lui à dix-sept heures.

Le test du thermostat vous dit où en est votre corps aujourd'hui. Trois minutes, et il ne vous demandera pas ce que vous avez mangé hier.

Et si le problème n'était pas votre volonté ?

30 minutes offertes pour regarder ensemble ce qui se passe vraiment dans vos journées. Si ce n'est pas pour vous, vous repartez avec au moins une piste concrète.

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Questions fréquentes

Le Nutri-Score ne sert donc à rien ?

Il sert à comparer deux produits du même rayon entre eux, et c'est tout ce qu'il promet. Il ne dit rien de ce qu'un produit déclenche chez vous : ni la faim qui revient deux heures après, ni l'envie de sucré du soir. Utilisez-le pour choisir entre deux boîtes, jamais pour décider si votre corps va tenir jusqu'à midi.

Pourquoi ai-je faim deux heures après le petit-déjeuner ?

Parce que ce petit-déjeuner a fait monter le sucre dans votre sang très vite, et que votre corps l'a fait redescendre un peu trop bien. Une heure ou deux plus tard, vous êtes plus bas qu'avant de manger, et la faim arrive pressée. Ce n'est pas un manque de volonté, c'est une descente, et elle se produit quelle que soit la note sur la boîte.

Un produit noté A peut-il quand même me faire grossir ?

Oui, parce que la note juge cent grammes d'un produit sur une étiquette, pas ce qui se passe dans votre journée après l'avoir mangé. Un aliment qui vous laisse le ventre vide à onze heures vous fait manger plus à midi, et repenser au placard à dix-sept heures. C'est cette chaîne qui pèse sur la balance, pas la lettre.

Faut-il sauter le petit-déjeuner ?

La question n'est pas de le sauter ou de le garder, c'est ce qu'il déclenche. Un petit-déjeuner qui vous tient jusqu'à midi sans que vous y pensiez existe, et il ne ressemble pas à une privation. Le bon repère, ce n'est pas l'heure ni la note, c'est le moment où la faim revient.

L'hypnose, ça sert à quoi là-dedans ?

À faire taire la phrase de onze heures, celle qui dit « je ne suis pas normale ». Comprendre la descente ne suffit pas à arrêter de se juger, parce que ce jugement-là ne se décide pas consciemment. L'hypnose travaille l'automatisme, pendant que l'assiette fait baisser la demande du corps. Les deux ensemble, c'est toute la méthode.

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