« J'en suis au point où je me posais la question de la piqûre. Avec une très grande réserve. Ça peut être miraculeux sur le moment… mais qu'est-ce que ça donne après ? »
C'est une femme d'une cinquantaine d'années qui m'a dit ça il y a quelques jours. Infirmière de formation. Elle a tout essayé — les régimes, le sport, les compléments, trois séances d'hypnose ailleurs. Elle a résumé sa situation en une phrase : « Mon reflet ne me convient pas, mais la motivation, elle n'est plus là. »
Alors elle regardait du côté de la piqûre. Sans y croire tout à fait. Avec ce petit doute qu'elle n'arrivait pas à nommer.
Je vais vous dire ce que je lui ai répondu, parce que ce n'est probablement pas ce que vous attendez : vous avez raison de douter. Et non, je ne vais pas vous expliquer que ça ne marche pas.
Ce qu'on vous a dit (et qui ne répond pas à votre question)
Sur ce sujet, on vous a servi deux discours, et ils sont aussi peu utiles l'un que l'autre :
- « C'est révolutionnaire, enfin une solution, tu devrais essayer. »
- « C'est de la triche, il faut juste se prendre en main. »
- « Regarde Untel, il a perdu 20 kilos. »
- « Tu vas tout reprendre, c'est évident. »
Aucun des deux camps ne répond à ce que vous vous demandez vraiment. Votre question n'est pas « est-ce que ça fait maigrir » — vous savez bien que oui. Votre question, c'est « et après ? ». Et cette question mérite une vraie réponse, pas un slogan.
Ce que la piqûre fait vraiment — et elle le fait bien
Soyons honnêtes, parce que vous connaissez sans doute quelqu'un qui en prend.
Ces traitements imitent une hormone que votre corps fabrique déjà après un repas, celle qui dit « c'est bon, on peut s'arrêter ». Résultat : l'estomac se vide plus lentement, la satiété arrive plus tôt, et surtout ce bruit de fond permanent autour de la nourriture — la pensée qui revient toutes les vingt minutes — se calme vraiment.
Ça fonctionne. Les gens perdent du poids. Ce serait malhonnête de prétendre le contraire, et je ne vais pas vous raconter d'histoires sur ce point.
Ma réserve n'est pas là. Elle est sur une question beaucoup plus simple, que personne ne vous pose : la faim était-elle vraiment votre problème ?
Un détecteur de fumée ne fait pas le feu
Imaginez le détecteur de fumée de votre couloir.
Il se met à sonner. Le bruit est insupportable. Vous montez sur une chaise, vous retirez la pile, et le silence revient. Immédiatement. Ça marche parfaitement.
Sauf qu'un détecteur ne fait pas le feu. Il le signale.
Votre faim, vos envies de sucre du soir, cette pensée qui vous ramène au placard — c'est le détecteur. La piqûre en retire la pile. Et pendant qu'elle est retirée, c'est un vrai soulagement : le bruit s'arrête, la balance descend, vous respirez enfin.
Mais la question qui compte, c'est : chez vous, il y a quoi qui brûle ?
Ce jour-là, elle n'avait pas faim
Une autre de mes clientes m'a raconté sa journée type. Une dispute au travail, en fin d'après-midi. En partant, elle s'arrête à la boulangerie et achète deux chaussons aux pommes. À la moitié du deuxième, elle se dit : « c'est ça, toute ma vie. »
Elle n'avait pas faim. Personne n'achète deux chaussons aux pommes en sortant d'une dispute parce que son estomac est vide. Elle avait de la colère, de l'humiliation, et rien pour les poser.
Cette même cliente rachetait un pot de pâte à tartiner pour le vider exactement jusqu'à la hauteur du précédent, afin que son conjoint ne voie rien. Ça, ce n'est pas un problème d'appétit. C'est un problème de honte, de solitude, et d'une émotion qui n'a aucun autre endroit où aller. J'ai détaillé ce mécanisme dans « Vous mangez sans faim, et même sans plaisir ».
Et ce n'est pas une exception. Quand on a interrogé des Européens qui avaient repris le poids perdu, une personne sur deux a attribué sa reprise à des raisons émotionnelles. Pas à un manque d'information. Pas à un excès d'appétit. À ce que la nourriture venait faire pour eux.
Voilà le feu. Et un traitement qui agit sur la satiété ne le touche pas — ce n'est pas ce qu'on lui demande.
Ce qui se passe quand on remet la pile
C'est exactement l'intuition de ma cliente : « qu'est-ce que ça donne après ? »
La réponse est mesurée. Dans l'essai de référence sur ces traitements, on a suivi les participants un an après l'arrêt : ils avaient repris les deux tiers du poids perdu.
Pas parce qu'ils ont manqué de sérieux. Parce que le détecteur a été rebranché sur une maison où le feu n'a jamais cessé de brûler. Pendant tout le traitement, ce que la nourriture venait éteindre chez eux — la charge, les soirs vides, les disputes qu'on avale — est resté exactement au même endroit.
Ce qui laisse un choix assez simple, et qu'il vaut mieux regarder en face avant de commencer : soit c'est à vie, soit ça revient.
Une précision importante : si un médecin vous a prescrit un de ces traitements, notamment pour un diabète, c'est un autre sujet et ce n'est pas mon domaine. Je ne suis pas médecin, et rien de ce que vous lisez ici ne doit vous faire modifier une prescription sans en parler à celui qui vous l'a faite. Je parle de la personne qui hésite, seule, à demander la piqûre pour perdre du poids.
Le vrai problème des approches classiques
Ma cliente m'a dit une phrase qui revient chaque semaine dans mon cabinet : « J'ai épuisé toutes mes ressources. »
Je crois exactement l'inverse. Sa motivation ne s'est pas vidée comme un réservoir. Elle s'est arrêtée parce qu'elle poussait dans une direction qui ne pouvait pas aboutir — et c'est plutôt une bonne nouvelle qu'elle s'arrête là.
D'ailleurs, une de ses trois séances d'hypnose antérieures avait bien fonctionné. Elle demandait cinq minutes de respiration avant chaque repas. Elle a tenu des mois, puis elle a tout lâché. Elle n'a pas manqué de volonté : elle a manqué d'énergie pour pousser quelque chose qui exigeait d'être poussé tous les jours.
Voilà le seul vrai test d'une méthode : est-ce qu'elle tient le jour où vous êtes fatiguée ? Le régime ne le passe pas. Le sport de compensation non plus. Et une injection à vie relève de la même logique — c'est encore quelque chose qu'il faut continuer à faire pour que ça tienne. C'est ce que j'appelle le mauvais véhicule : le bon objectif, mais dans quelque chose qu'il faut pousser en permanence.
Ce qui change avec l'hypnose
Si vous vous reconnaissez, un réflexe monte peut-être : « très bien, mais moi je n'y arrive pas toute seule, et c'est justement pour ça que je regardais la piqûre. » C'est vrai. Et la réponse n'est pas de vous demander plus de volonté — c'est d'agir sur ce qui déclenche, au lieu de vous demander de résister.
Concrètement, avec mes clients, on avance en 5 étapes :
- Nommer ce qui brûle — ce que la nourriture vient éteindre chez vous, précisément, moment par moment
- Apaiser le côté tête — déprogrammer le réflexe qui envoie chaque émotion vers le placard, pour que l'envie ne monte plus au lieu d'être combattue
- Rendre au plaisir d'autres endroits — pour que l'assiette cesse d'être le seul espace de la journée
- Changer le côté assiette — une assiette gourmande qui rassasie vraiment, pour que le corps arrête de réclamer sa dose toutes les deux heures, sans compter et sans se battre
- Ancrer le nouveau fonctionnement — pour que tenir ne demande plus d'effort quotidien, et surtout plus d'ordonnance
C'est ce que fait la méthode Tête & Assiette, et c'est pour ça qu'elle porte ce nom-là : réconcilier ce que vous mangez et ce qui vous pousse à manger. Pas de guerre contre votre propre corps, pas d'alarme coupée — le feu traité. Perdre 10 à 30 kilos durablement, sans sport ni régime, même si vous mangez vos émotions. C'est aussi tout le principe de l'hypnose pour maigrir.
Ils l'ont vécu
Ce moment où l'on comprend que ce n'était pas la faim, le problème, une cliente l'a décrit dans un avis Google public :
« Je recommande grandement. Je suis heureuse de cette première séance, Grégory met à l'aise et nous met en confiance. Très à l'écoute et surtout toujours joignable si besoin. Merci à toi (Translated by Google) I highly recommend him. I'm delighted with this first session; Gregory puts you at ease and inspires confidence. He's a great listener and, most importantly, always available if needed. Thank you! »
Aurélie FIGIEL
Avis Google
Voir les 62 autres avis sur la perte de poids · Et si vous avez déjà perdu puis tout repris, j'ai raconté pourquoi dans « Vous reprenez 10 kilos à chaque contrariété ».
Gardez votre doute
Je ne vous dirai pas quoi faire de votre corps — c'est votre décision, et elle vous appartient entièrement. Mais si quelque chose en vous hésite, écoutez-le. Ce doute n'est pas de la peur : c'est la partie de vous qui a compris que le problème était ailleurs.
Vous pouvez couper l'alarme. La vraie question, c'est de savoir ce que vous ferez du feu.
Envie de savoir ce qui brûle vraiment chez vous ?
30 minutes offertes pour poser votre situation à plat : ce que vous avez déjà essayé, ce que votre assiette vient éteindre, et ce qui peut changer sans traitement à vie. Si ce n'est pas pour vous, vous repartez avec au moins une piste concrète.
Questions fréquentes
Est-ce que vous êtes contre ces traitements ?
Non, et je ne suis pas médecin — ce n'est ni mon rôle ni ma compétence de juger une prescription. Ce que j'observe, c'est que ces traitements agissent sur la satiété, pas sur ce que la nourriture vient réparer. Ils règlent un signal, pas une cause. Si vous êtes suivie pour un diabète, parlez-en à votre médecin : c'est un tout autre contexte.
Pourquoi reprend-on du poids après l'arrêt ?
Parce que ce qui poussait à manger n'a pas bougé pendant le traitement. Le suivi à un an après l'arrêt montre une reprise des deux tiers du poids perdu. Ce n'est pas un manque de sérieux : c'est ce qui arrive quand on remet le détecteur en place dans une maison où le feu n'a jamais été éteint.
Et si je n'ai vraiment plus aucune motivation ?
C'est la phrase que j'entends le plus souvent, et elle décrit rarement ce qu'on croit. La motivation n'est pas un réservoir qui se vide définitivement : elle s'arrête quand elle pousse dans une direction qui ne peut pas aboutir. C'est même une information utile — et une bonne raison de changer de direction plutôt que de forcer davantage.
Comment savoir si je mange par faim ou pour autre chose ?
Quelques indices simples : l'envie arrive d'un coup plutôt que progressivement, elle vise un aliment précis plutôt que « manger », elle suit souvent un moment de tension, et elle laisse un goût de culpabilité. La faim physique, elle, se contente d'à peu près n'importe quoi et ne s'accompagne pas de honte.
Combien de temps dure la méthode Tête & Assiette ?
Le programme Tête & Assiette se déroule sur 5 séances réparties sur 3 à 5 mois. L'objectif n'est pas de tenir pendant l'accompagnement : c'est que ça tienne après, sans effort quotidien et sans traitement à reconduire.